dimanche, 29 avril 2012

Camille: "pourquoi tu m'appelles erreur alors que je suis humaine?"





Depuis mars 2005, date de la sortie de son deuxième opus "Le Fil", je suis de près la carrière de la chanteuse Camille. "Le Fil": album de la 'consécration' (à son échelle underground), unanimement loué par la critique, qui avait alors valu à la chanteuse deux victoires de la musique.


Avant la sortie du "Fil", Camille avait déjà publié un prmier album, "Le Sac des Filles" (2002), un tendre petit bonbon édulcoré enrobé de mélancolie. Ce premier disque est parsemé de perles dont Camille elle-même semble ne pas connaître la valeur. Et c’est peut-être mieux comme ça. 


Depuis la sortie du « Fil », Camille n’a vraiment pas chômé. D'abord restée silencieuse, elle finira par refaire surface en 2008 avec un troisième opus, « Music Hole », puis avec un quatrième, « Ilo Veyou ».


Araignée piégée à sa propre toile

Après la sortie du « Fil », Camille s’est emmêlée. Le bien intitulé « Music Hole » s’est en effet révélé être un « trou musical » sans fond. Au « Fil », la dentelle de Calais; à « Music Hole » le filet de pèche. Un album marginal "parce que ça le fait", dichotomique comme un deuxième tour électoral. Exacerbation interprétative : triste amalgame qui transforme la tendresse en mièvrerie (Sange’s Sweet), la douleur en mélodrame (Winter’s Child), le comique en pitrerie (Cats and Dogs, Canards Sauvages). Bref, comme dirait l’autre, l’album a été un bide. Et la tournée correspondante, pas un succès non plus.

2011 signe le retour de Camille, bien silencieuse depuis la précédente dégelée. Nouvel album, nouveau style, nouveau personnage : « Erase and Rewind », Tabula Rasa. L’opus « Ilo Veyou » se présente comme une célébration du retour aux sources, comme l'éloge de la simplicité. Vivant d’amour et d’eau fraîche, devenue maman, Camille semble apaisée, calmée, adoucie. Sa musique aussi. Et là, tout le monde applaudit : la folle est rentrée dans les rangs. Il n’y aura pas de « vol au-dessus d’un nid de coucous ».

Et bien non. C'est trop tard. En dépit d’une épuration, Camille exagère encore et toujours. Comble des combles, elle sur-joue même sa propre simplicité. Les yeux se sont lassés de ces gestes superflus, de ces pieds nus, de cette chevelure hirsute. Le charme n’opère plus.

Ou presque ...

Car c’est indéniable: tout au long de ces sept années, Camille n’aura jamais cessé d’essayer. Essayé de sortir de tout. Essayé de ressentir l’oppressante – mais maternelle  – présence des quatre éléments, dans un monde qui semble partir à vau l'eau. Essayé de faire partie, avec ses cinq malheureux sens humains. "N’importe quoi", s'offusqueront les sceptiques. Pour ma part, j'ai vu peu d'artistes essayer autant. Il y en a, bien entendu. Si mes oreilles croisent leurs sons, je tâcherai de les aimer.


VVM

 

23:44 Écrit par Valérie Van Mol dans critiques | Commentaires (0) | Tags : camille, sac des filles, le fil, music hole, ilo veyou, critique, artiste |  Facebook | |  Imprimer |